La France coupée en deux

La France coupée en deux
Le Paris Saint-Germain a remporté la septième Coupe de France de sa jeune histoire en battant Marseille 2-1, samedi 29 avril au Stade de France, dans une ambiance surchauffée. Deux buts de Bonaventure Kalou et Vikash Dhorasoo ont offert le trophée et un ticket européen au club, qui sauve ainsi une saison mitigée. Marseille,qui vivait jusqu'ici un printemps euphorique mais est arrivée moins affûtée physiquement, a réduit la marque par Toifilou Maoulida, mais a vu s'échapper une 11 e victoire dans l'épreuve.

"Gagner une Coupe à Paris, de surcroit contre Marseille, c'est très fort en terme d'émotion. C'est un sentiment merveilleux, a déclaré Guy Lacombe, l'entraîneur du PSG, qui avait déjà remporté la Coupe de la Ligue avec Sochaux en 2004. On a mis Marseille dans de grandes difficultés, mais cela s'est joué à pas grand chose. On a peut-être eu en Coupe la chance qui nous a manqué en championnat."

Bonaventure Kalou a ouvert le score dès la sixième minute. Reprenant un ballon taclé par Edouard Cissé - et grâce à l'aide involontaire de Taiwo - il a marqué d'un tir puissant des 16 mètres, qui a fini sa course sous la transversale des buts gardés par Fabien Barthez. La saison dernière, l'attaquant ivoirien avait offert le trophée à Auxerre en inscrivant le but de la victoire (2-1) de l'AJA sur Sedan. A la conclusion en 2005, il a cette fois ouvert la voie à ses coéquipiers.

La première période - engagée de part et d'autre, mais d'une grande correction - s'est terminée sur cet avantage aux Parisiens, qui ont pris le large au tout début de seconde période : à la 49 e minute, Vikash Dhorasoo a effectué une frappe de l'extérieur du droit des 25 mètres. Barthez n'a pu qu'effleurer le ballon, qui filait au fond des filets.

"ON A ÉTÉ UN PEU NAÏF SUR LES DEUX BUTS"
Alors que les Marseillais semblaient assommés par ce deuxième but, Toifilou Maoulida a ramené l'espoir à la 67e minute. L'attaquant, né à Mayotte, ramenait le score à 2-1 d'un tir croisé dans la surface de réparation.

Ce but a réveillé les joueurs marseillais. Les hommes de Jean Fernandez ont dès lors pris d'assaut les buts gardés par Lionel Létizi, contraint de s'employer à plusieurs reprises. Mais malgré tous leurs efforts, les Marseillais n'ont pas réussi à égaliser, et abandonné la Coupe de France à leurs grands rivaux.

Il s"agit de la septième défaite en finale de l"Olympique de Marseille, qui détient le record de victoires dans l"épreuve, avec dix trophées. "C"est beaucoupe de déception. On a mal pris le match et on s"est compliqué la tâche avec ce premier but sur une erreur individuelle. On a été un peu naïf sur les deux buts, mais on n"a pas lâché. Je ne sais pas si Paris méritait plus la victoire que nous mais bon... Bravo à eux", a dit Jean Fernandez, l'entraîneur de l'OM.

Franck Ribéry, le milieu de terrain marseillais en quête d'une place en équipe de France pour le Mondial allemand, ne cachait pas lui non plus sa déception. "Ce soir, j'ai perdu la Coupe de France, je voulais absolument la rapporter aux supporters. La Coupe du Monde, on verra après", a-t-il dit.

LE MONDE

# Posté le mardi 02 mai 2006 03:37

"Les filles qui sont avec des types bien les trompent toujours avec des minus. C'est sans doute pour elles une façon de s'affirmer. Peut-être..." J. Eustache

"Les filles qui sont avec des types bien les trompent toujours avec des minus. C'est sans doute pour elles une façon de s'affirmer. Peut-être..." J. Eustache
L'amour, comment ça va ?

Faut-il croire les pessimistes, les orphelins du romantisme, ceux qui jurent que tout fout le camp, que c?était plus simple avant, le sexe, le couple, les sentiments ? Comment se bricolent les relations à l?heure du pacs, du net, des sms ? Mosaïque de l?amour début de siècle.
À l'occasion de l'exposition à la Vilette...


LE XVIIe SIECLE INVENTE LA TENDRESSE, LE XVIIIe LA CARESSE

A plusieurs siècles de nous, comment les gens se sont-ils arrangés de leurs sentiments, de leurs affaires amoureuses et sexuelles ? Tantôt guillerette, tantôt hésitante, l'historienne des sensibilités, Arlette Farge, arpente les époques, remonte et descend le fil du temps, son esprit toujours sollicité cependant par le présent. « Le mot tendresse apparaît à la fin du XVIIe siècle. S'il ne se confond pas avec le mot caresse, il enjoint cependant les époux à prendre soin de leurs corps. Cette tendresse prolonge l'idéal d'amitié, d'estime réciproque, à quoi doit ressembler l'amour entre époux. Mais elle s'oppose absolument à la passion, qui, elle, abolit le temps, libère la sexualité jusqu?à l'excès, dissout la frontière entre le masculin et le féminin. La mort et le salut composent l'horizon du couple. Le XVIIIe siècle vient bouleverser l'édifice. Du haut en bas de l?échelle sociale, les sentiments débordent, les larmes pleuvent, l'amour galope : on se touche, on se caresse, on se séduit, on s'agace. Pour être époux, il faut maintenant une inclination amoureuse. En même temps que s'élabore l'individualisation des conduites, la question du bonheur sur terre devient légitime. Avec le XIXe siècle, l'industrialisation et l'hygiénisme, le corps entre dans une sorte d'instrumentalisation : il s'efforce de devenir rentable. Installée au c½ur du foyer familial dont elle est l'âme, la femme surveille les débordements masculins. Elle est un rempart... » Se présentant elle-même quelquefois comme une historienne des passages et de l'imprévisible, Arlette Farge avoue regarder nos petits bricolages contemporains avec ferveur et inquiétude. Elle est, avec la sociologue Rose-Marie Lagrave, commissaire de l?exposition « L'amour, comment ça va ? », présentée à la Villette, à Paris.

L'AMOUR, ETERNEL INCONSTANT

Dans le paysage intellectuel, le philosophe Michel Feher détonne franchement. Cet ancien disciple de Gilles Deleuze, d'origine belge, cultive avec un évident plaisir la diversité de ses intérêts : édition (Zone Books-New York), relations internationales, séminaire à l?Ecole normale supérieure (lire plus haut). Encore n'a-t-on rien dit du vaste chantier auquel il s'est attaché depuis des années, écrire ni plus ni moins qu'une histoire des arts d'aimer et des érotiques occidentales. « Mon point de départ, je le dois à Michel Foucault, selon lequel il n'y a que les amours difficiles qui aient besoin d'un art et donc d'un travail de la pensée (2). Si les Grecs anciens se sont intéressés à l'amour des garçons, c'est parce qu'il leur posait un problème complexe. Comment un citoyen grec, homme libre par définition, pouvait faire l'amour honorablement à un garçon qu?il dominait sexuellement, sans compromettre entre eux l'émergence du sentiment d'amitié ? » Tel fut donc le souci des Grecs. Dans ce que Michel Feher appelle le « problème puritain ou bourgeois », la difficulté est tout autre : comment faire entrer la passion amoureuse dans la conjugalité et y soutenir la constance ? S'engager à la constance n'est-il pas contradictoire avec l'amour, par nature hors contrôle ? « Notre problème à nous, que je qualifie de moderne ou de démocratique, est tout aussi compliqué. Cette fois, il s'agit de comprendre comment intégrer l'égalité dans la relation amoureuse. Si l'amour ne connaît pas de loi, cela veut dire qu'il n'y a pas d'égalité possible dans la relation et pourtant, cette égalité est une revendication souhaitable et légitime. » Autrement dit, est-il possible de faire valoir ce souci de l'égalité sans risquer de tuer l'amour ? Nous voilà bien au plus vif de la question contemporaine.

Suite et fin de l'article...
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# Posté le lundi 01 mai 2006 05:31

Modifié le lundi 01 mai 2006 12:33

"Jéricho ne sait pas par coeur toutes mes chansons / Jéricho ne sait pas le prix de ma maison / Jéricho ne sait pas la marque de ma moto / Ni combien de chevaux se cachent sous mon capot" (Florent Pagny)

"Jéricho ne sait pas par coeur toutes mes chansons / Jéricho ne sait pas le prix de ma maison / Jéricho ne sait pas la marque de ma moto / Ni combien de chevaux se cachent sous mon capot" (Florent Pagny)
ARTS
Géricault, peintre expérimental

LE MONDE | 29.04.06 | 19h17 • Mis à jour le 29.04.06 | 19h17

Théodore Géricault (1791-1824) est l'auteur du Radeau de la Méduse, qui est un tableau de fait divers - le naufrage d'un navire au large de l'Afrique - et un tableau politique - le commandant était un officier incompétent qui avait été nommé par Louis XVIII parce qu'ancien émigré et n'avait plus navigué depuis vingt ans.

Il est le peintre de la Course des chevaux libres à Rome, scène de la vie populaire italienne imprégnée de souvenirs antiques. Il est celui de scènes de batailles et de portraits d'internés. Il a peint Un four à plâtre et lithographié des scènes londoniennes. Il a dessiné des exécutions capitale, des scènes érotiques et d'autres de cannibalisme. Et même des portraits d'enfants. C'est ce qu'on appelle une oeuvre variée, hétérogène même.

Comme elle a duré une douzaine d'années en tout, l'impression de diversité est d'autant plus forte. Pourquoi tant de sujets différents, dans des formats différents, avec des techniques différentes ? Quand un artiste pose des questions de ce genre, la solution de simplicité consiste en un classement chronologique ou thématique, qui ne résout rien. L'exposition "Géricault, la folie d'un monde" est remarquable parce qu'au lieu de l'esquiver, elle affronte la difficulté et propose une réponse.

Sylvie Ramond et Bruno Chenique, ses concepteurs, y démontrent que l'oeuvre de Géricault n'est si variée que parce qu'elle est expérimentale ; et qu'elle est expérimentale parce que contemporaine de l'effondrement d'un monde ancien et du surgissement d'un monde nouveau, produit des révolutions politique et industrielle conjuguées. Ce changement politique et social radical a suscité un changement artistique aussi violent : Géricault a été le premier à le réaliser.

C'est ce qui est prouvé en cent quarante oeuvres, parmi lesquelles de nombreuses études méconnues. Elles sont réunies en chapitres qui sont autant de tentatives pour décrire et comprendre ce qui est en train de se passer dans les moeurs, les idées et les vies vers 1820.

Ce qui se passe, c'est d'abord la fin de l'âge héroïque qui, pour Géricault, se confond avec les guerres impériales. Les variations sur le Cuirassier blessé sont autant d'allégories de la défaite napoléonienne. Géricault montre aussi la retraite de Russie, le sacrifice d'un artilleur se faisant sauter avec ses munitions, les anciens soldats mutilés, les officiers exilés aux Etats-Unis. Plutôt que de nobles charges de cavaleries et des panoramas de batailles à la Gros, il peint des combattants isolés qui ne savent plus où ils sont et attendent - une ambulance ou la mort.

Il peint des victimes : ces blessés de guerre, les naufragés de la Méduse devenus fous, des condamnés marchant à l'échafaud, des malades, un assassinat, un suicide. Chaque fois, des esquisses et des études de détail précèdent l'oeuvre finale, le grand tableau qui, souvent, ne sera pas exécuté.

LE BALANCEMENT POUR STRUCTURE

Chaque fois aussi, il oppose à ces représentations tragiques ou morbides les représentations opposées. Aux corps décharnés ou autopsiés répliquent ceux des athlètes arrêtant les chevaux dans leur course et ceux des filles se tordant de plaisir dans des étreintes à deux ou trois. A la mécanique meurtrière des abattoirs qu'il observe avec un acharnement mélancolique, il oppose la lutte d'Hercule domptant le taureau de Crète. Et aux chevaux de charroi condamnés à l'épuisement et l'équarrissage, les destriers aux yeux fous et aux narines gonflées.

Vite, ce balancement apparaît comme la structure même de l'oeuvre : alternativement l'exaltation de la force, du mouvement et du plaisir libres, puis l'enfermement désespérant dans un ordre qui ne peut être que fatal à qui s'y soumet. La peinture oscille entre une gestuelle dynamique qui fait songer à Rubens autant qu'à Michel-Ange, et une froideur descriptive qui annonce Courbet et plus encore Manet. Celui-ci est particulièrement proche dans les portraits des enfants Dedreux, qui préfigurent Le Fifre.

De la première manière - l'ancienne, la nostalgique - relèvent les prodigieux dessins à l'encre rehaussés de lavis et de gouache et les toiles de petit format traitées en touches sinueuses - leçon qu'a retenue Delacroix. La seconde - la neutre, la moderne - a produit deux séries de chefs-d'oeuvre : les études de gens du peuple et celles des monomanes du vol et de l'envie, qui sont des analyses psychiatriques et des emblèmes des vices qui naissent de l'argent et de la propriété. Et les lithographies de Londres, qui marquent la naissance du paysage moderne, liée à l'expérimentation d'une technique - la litho - qui venait elle-même de naître.

S'il n'était mort à 32 ans, Géricault aurait été l'artiste essentiel de la première moitié du XIXe siècle, parce qu'il est celui qui a le plus tôt et le plus profondément compris ce siècle.



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"Géricault, la folie d'un monde",

Musée des beaux-arts, 20, place des Terreaux, Lyon-1er. Tél. : 04-72-10-30-30. Du mercredi au lundi de 10 à 18 heures. 8 euros. Jusqu'au 31 juillet.

Philippe Dagen
Article paru dans l'édition du 02.05.06
(http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3246,50-766934,0.html)

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Culture

L'exposition lyonnaise révèle le peintre, réputé romantique, plutôt troublant et troublé.

Géricault à mort


Par Gérard DUPUY
vendredi 28 avril 2006

envoyé spécial à Lyon

Derrière l'auteur du Radeau de la Méduse et l'imagier brillant du cheval, l'image de Théodore Géricault (1791-1824) reste floue, entre une réputation de garçon sympathique et celle d'un génie romantique tôt foudroyé. L'exposition que lui consacre le musée des Beaux-Arts de Lyon lui rend une présence autrement troublante ­ c'est un portrait au noir, frangé de folie et de mort.

Dans un paysage romantique français assez popote, il tranche par sa radicalité et fait plutôt signe vers les sombres éclats d'Allemagne ou d'Angleterre ­ par exemple vers Byron, mort quelques mois après lui, à peine plus vieux que lui, ou vers Kleist, suicidé quelques années avant au même âge. Et, justement, l'exposition de Lyon s'attache à donner des moyens de comprendre cette parenté générationnelle, en faisant de l'aventure de Géricault «la folie d'un monde», ce monde qu'il a partagé avec quelques autres jeunes gens fiévreux et prémonitoires, nés à la terrible charnière des XVIIIe et XIXe siècles.

Guerriers fatigués. Tout commence avec les chamarrures des uniformes napoléoniens. Géricault participe du renouveau de l'ancien genre noble, la peinture d'histoire, mis au service de l'heure présente. On voit à Lyon des esquisses de son Chasseur chargeant et de son Cuirassier blessé qui voisinent au Louvre avec le Radeau. Géricault donne apparemment dans l'héroïsme de commande (sa famille était assez fortunée pour lui avoir évité d'être recruté), mais, à mieux regarder, ces guerriers semblent bien fatigués. Leurs regards ­ les premiers des étranges regards de Géricault ­ les confinent dans un quant-à-soi peu militaire, un retrait loin du combat. Curieux soldats qui pensent à autre chose en plein barouf !

Géricault aimait si peu l'Empire qu'il s'engagera dans les mousquetaires du roi à la Restauration sans être pour autant un royaliste bien fervent: son lavis sur l'exécution du général de La Bédoyère, une victime de la Terreur blanche, le montre. C'est aussi la première des nombreuses représentations d'exécution capitale qu'il réalisera. La prégnance de ce thème ne peut certainement pas se réduire à une simple opposition à la peine de mort : il y a au moins de l'ambivalence dans cette fascination.

De son inévitable séjour de jeunesse à Rome, Géricault retient, là aussi, des thèmes inhabituels : outre les chevaux du Palio qui ouvraient alors le carnaval, il dessine des brigands et les abattoirs, où les bouchers ne travaillaient certainement pas nus comme il les dessine. On a beaucoup parlé des chevaux de Géricault, mais n'est-il pas étrange qu'il les représente souvent en compagnie d'hommes dénudés, les enlaçant les uns aux autres dans un singulier corps à corps ?

Les présentateurs de l'exposition proposent de voir dans la dilection du peintre pour les chevaux Ñ et leurs croupes en particulier Ñ un déplacement du désir sexuel. Ces nudités inhabituelles y incitent certainement. L'intérêt de Géricault pour la légende de Mazeppa (avant Hugo, mais après Byron) Ñ ce page surpris en flagrant délit d'adultère attaché nu sur un cheval lâché dans la steppe et, néanmoins sauvé, devenu grand seigneur Ñ n'y est peut-être pas étranger.

Un fils avec sa tante. La sexualité de Géricault a beaucoup fait parler. D'abord parce qu'il passait pour ne l'avoir jamais évoquée dans une oeuvre presque dépourvue de figure féminine (mais remplie d'hommes nus, ce qui a permis d'évoquer une éventuelle homosexualité). Des découvertes récentes, surtout de dessins, ont infléchi ce jugement. On peut voir à Lyon un petit ensemble d'erotica hétéros, dont un tableautin, propriété du Getty Museum, montrant une scène de triolisme (un homme avec deux femmes).

Sa sculpture d'un satyre masturbant une bacchante montre l'audace de son imagination. Ces représentations, peu sentimentales, se situent très loin de l'image, même grivoise, donnée de la sexualité à l'époque. Elles ont une densité, une brutalité de gestes qui étonnent. Difficile de ne pas rapprocher cette absence de conventions avec un fait longtemps ignoré de la vie privée de Géricault, sa longue et perturbante liaison avec la femme de son oncle maternel Ñ un fils en est issu.

Enfants inquiétants. La représentation qu'a donnée Géricault de l'enfance est un des points forts de l'exposition lyonnaise. Un tableau connu, mais non montré en public depuis très longtemps, y figure (il appartient désormais à la collection Pierre Bergé et Yves Saint Laurent). Alfred et Elisabeth Dedreux, enfants d'un couple ami du peintre, y semblent destinés à figurer la part d'indépendance irréductible que l'enfance opposera toujours au monde adulte, si gentiment attifée qu'on la veuille. Ce simple portrait venge des centaines d'affreux enfants gracieux que Greuze a pu offrir à la mode de son époque Ñ une des rares fautes de goût d'un siècle qui s'en permettait peu. Ce tableau n'est pas isolé dans l'oeuvre de Géricault, au contraire : l'exposition en montre cinq autres exemples. Ce «Michel-Ange égaré au rayon des poupées», comme l'écrit un détracteur, a donné de l'enfance une image qui annonce, avec un siècle d'avance, les futures insolences surréalistes (quel dommage que le Louvre, par ailleurs généreux, n'ait pas prêté son Portrait de Louise Vernet enfant, qui aurait merveilleusement complété cette section!).

La réserve inaliénable de ces enfants est-elle différente de celle que montrent ceux qu'on disait «aliénés» ? Géricault, dans des circonstances qu'on connaît mal (peut-être par l'intermédiaire d'un ami psychiatre, un des premiers disciples d'Esquirol), a peint une série de portraits de fous, dont cinq survivent (trois sont exposés à Lyon, le musée des Beaux-Arts possède le plus célèbre, la Hyène de La Salpêtrière, aussi dit la Monomane de l'envie).

Ces portraits en buste sur fond sombre affichent des visages dont l'inquiétante étrangeté se fait d'autant plus insistante que les modèles présentent tous les signes d'un grand calme extérieur. Comme pour les enfants précédents, ces visages paraissent se refuser dans le moment même qu'ils s'offrent à la vue, sourdant d'une menace qu'on a du mal à cerner mais qui s'insinue dans le spectateur. La folie sans mot en face à face.

Dans la dernière section, après des scènes de rues londoniennes qui montrent l'acuité du regard social, enfin quelques chevaux. Mais ce sont des bêtes vieillies, attachées à leur labeur, ou bien mortes, dans la neige ou dans une carriole d'équarrisseur. Même les chevaux ont leur part d'ombre. Le peintre des chevaux était aussi un cavalier intrépide, dont les chutes ne sont pas étrangères au précoce décès. L'exposition donne de Géricault une image sévèrement recadrée à l'extrême gauche: il suffit pour cela de lire, derrière chacune des noirceurs de ce dandy, les rudes révoltes dont son siècle était lourd. La démonstration est convaincante.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=378177

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Quelques tableaux : http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Jean_Louis_Th%C3%A9odore_G%C3%A9ricault

# Posté le dimanche 30 avril 2006 04:27

Programmes agrégation 2007

Du beau du lourd ...
Nietzsche en philo notamment...
En littérature française du Marot, du Chateaubriand, du Prevost, du Molière.. et du Saint John Perse... mais A. F., joint par téléphone, a affirmé ne pas vouloir pourtant se mettre à vouloir passer l'agreg l'an prochain !! :)
En interne, Duras reste pour les Classiques, tandis que Claudel reste pour les Modernes : peut-être que F. L. va vouloir passer l'agreg de Lettres Classiques ??
Enfin voici un lien pour satisfaire toutes les curiosités : boen programmes agrégations externes 2007
Programmes agrégation 2007
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# Posté le jeudi 27 avril 2006 06:41

- Dis-moi, tu serais pas en train de me toucher les fesses ? / - Mais enfin qu'est-ce que tu vas chercher ?

- Dis-moi, tu serais pas en train de me toucher les fesses ? / - Mais enfin qu'est-ce que tu vas chercher ?
Soirée câlin
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Les soirées câlin (en anglais « cuddle parties ») sont des soirées au cours desquelles des personnes qui ne se connaissent pas se blottissent l'une contre l'autre souvent pendant des heures, en pyjamas, sur des matelas qu'on a étalés, et peuvent bavarder entre elles sans pour autant avoir des rapports sexuels. Les soirées câlins sont nées dans le centre-ville de New York. Le plus souvent, elles réunissent jusqu'à cinquante participants âgés en moyenne de trente à cinquante ans, la proportion d'hommes et de femmes est à peu près la même. Ces évènements ne sont pas des orgies et le sexe y est interdit.

Sommaire
1 Histoire des soirées câlin
2 Les règles
3 Déroulement
4 Liens externes


Histoire des soirées câlin
Les soirées câlin ont été inventées par Reid Mihalko, né en 1969, qui s'est auto-proclamé thérapeute en sexologie et a écrit un livre sur le cunnilingus, et par sa compagne Marcia Baczynski, née en 1978, qui travaille comme conseillère en relations. La première soirée a eu lieu en 2004 à New York, la capitale des célibataires américains, avant de gagner le reste des États-Unis puis l'Europe, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas.

Le dessein premier des inventeurs était de donner une impulsion nouvelle aux relations qui existaient entre leurs clients, puisque les contacts physiques quotidiens entre partenaires se limitaient à un minimum. Mihalko et Bazynski invitèrent à la première soirée câlin, dans l'appartement new yorkais du premier, des musiciens, des producteurs et des acteurs avec lesquels ils avaient lié amitié. Cette première soirée câlin, mit en branle tout un mouvement. Aujourd'hui, Mihalko et Baczynski travaillent comme formateurs ès soirées câlin dans tous les États-Unis.

New York a la proportion de célibataires la plus élevée des États-Unis, un pays où le fait de toucher quelqu'un sur l'épaule peut être dénoncé comme harcèlement sexuel. La lente disparition des familles nombreuses, l'anonymat des grandes villes et l'allongement des heures de travail, combinés à la rareté du temps libre peuvent provoquer un sentiment de solitude chez les gens. La possibilité d'un contact physique mutuel et sans contrainte peut avoir ainsi chez nombre de gens un effet presque thérapeutique. Il existe différentes variétés de soirées câlin : d'après le groupe-cible, il existe des soirées pour les hommes, pour les femmes, pour un public mixte, pour un public de seniors et pour des célibataires. Les règles des inventeurs peuvent se résumer brièvement : d'abord, les hommes ne doivent pas se rendre aux soirées câlins pour draguer, mais seulement pour faire des câlins. Ensuite, les femmes doivent changer du tout au tout leur conduite envers les hommes, et proposer ce qu'elles veulent sans avoir peur qu'on leur refuse un rendez-vous.

Il semblerait que le fait de se toucher mutuellement fortifie le système immunitaire et empêche une décharge de cortisol, l'hormone du stress.

En Allemagne, les premières Kuschelpartys furent organisées en 2005 à Berlin, et elles trouvent aujourd'hui de plus en plus d'adeptes.


Les règles
*Garder ses vêtements (le port du pyjama est fortement recommandé).
*Pas de sexe.
*Pas de baisers.
*Ne jamais se forcer, être clair dans ses réponses et dans le doute s'abstenir.
*Personne n'est obligé de se blottir avec tous les autres participants.
*Toujours demander la permission avant de câliner quelqu'un et accepter les refus.
*Être respectueux envers soi-même et les autres et être à l'écoute de ses sentiments.
*Faire savoir ses impressions aux autres.
*En cas de questions, d'incertitudes ou de besoin de soutien, il est possible de s'adresser au coach câlin (cuddle coach).
*Après le câlin, remercier ses partenaires.

Déroulement
*Faire connaissance avec les autres participants.
*Accepter le câlin ou dire non.
*Créer une intimité corporelle.
*Se blottir.
*Après le câlin, continuer la conversation.


Liens externes
(en)Le site officiel avec les règles
(de)Les soirées câlin en Allemagne
(nl)Les soirées câlin à Amsterdam

http://fr.wikipedia.org/wiki/Soir%C3%A9e_c%C3%A2lin

# Posté le mardi 25 avril 2006 13:12