OSS 117 : Le Caire nid d'espions
Savoureux pastiche en hommage aux films d?espionnage. Avec un Jean Dujardin surprenant.
Avec le retour à l'écran d?OSS 117, Hubert Bonisseur de La Bath pour les initiés, on s'attendait bien à un pastiche, mais pas à celui-ci. A la place de la grosse farce redoutée, Michel Hazanavicius surprend avec un hommage décalé et très graphique aux films d'espionnage exotiques des années 50-60. Cadrages sophistiqués, transparences, Technicolor, sans parler des costumes, tout semble d'« époque », et évoque à la fois la ligne claire d'Hergé, les premiers James Bond et Hitchcock. Une course-poursuite avec un homme en djellaba dans les ruelles du Caire est même un clin d'½il direct à L'Homme qui en savait trop.
Si cette réussite plastique tend à faire oublier qu'OSS 117 est une comédie, Hubert est là pour nous le rappeler. Avec son machisme, sa condescendance de colon sûr de lui, sa méconnaissance de l'Islam et son sens de la déduction proche de zéro, ce héros est une plaie, un vrai touriste dans l'Egypte de 1956 en pleine décolonisation. Il lui faudra l'aide du hasard et d'une femme, la délicieuse et rusée Larmina (Bérénice Bejo), pour mener à bien sa mission, une histoire de trafic d'armes peu palpitante, surtout prétexte à de savoureux gags récurrents.
Pourtant, il a du charme, l'animal. En composant un Sean Connery au pays des pyramides, Jean Dujardin use pour la première fois de son côté mâle, et cela lui va bien. Certes, il ressert sa palette de mimiques qui vont de l'étonnement enfantin à la fanfaronnade. Mais il détourne cet humour contemporain avec une élocution résolument surannée. Comme si Brice de Nice avait pris la voix et le costume en alpaga de Cary Grant... Ce film plus ambitieux qu'il n?y paraît est à son image : un déroutant mélange de bouffonnerie et d?élégance.
Et ce n'est pas moi qui le dis, mais Télérama !!!